Les pilotes de Terre-Neuve-et-Labrador

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Capitaine Brian Stanley

On compte à l’heure actuelle 14 pilotes à temps plein qui sont responsables de la sécurité de la navigation des navires dans les zones de pilotage obligatoire « majeures » de la baie de Placentia, de St. John’s et de Holyrood; et trois pilotes à temps plein dans les zones dites « mineures » de pilotage obligatoire de Humber Arm, de la baie des Exploits et de Stephenville. La baie de Voisey, sur la côte du Labrador, est également désignée comme zone de pilotage obligatoire.

Les pilotes des principaux ports doivent rencontrer ou surpasser l’exigence minimale de détenir un brevet de capitaine voyage local. Ces pilotes sont des marins expérimentés qui possèdent en tout typiquement plus de 20 ans de formation nautique et d’expérience en mer. La majorité des pilotes qui travaillent dans les ports secondaires détiennent le titre de capitaine voyage local ou plus, ce qui dépasse les exigences minimales requises pour obtenir un certificat de capitaine de navires de 500 tonneaux de jauge brute. Les critères essentiels de leur succès : une connaissance experte des voies navigables locales ainsi qu’une formation spécialisée et ciblée durant toute leur carrière.

Terre-Neuve-et-Labrador

La désignation en tant que zone de pilotage obligatoire dépend des degrés locaux de risques à la sécurité de la navigation et prend en compte un certain nombre de facteurs comme :

  • Le niveau de difficultés et de risques aux approches et à l’intérieur du port lui-même.
  • Le nombre de mouvements de navires et leur manœuvrabilité, ainsi que leur taille.
  • La conception des quais, ainsi que l’espace réel disponible pour les manœuvres.
  • La nature de la cargaison transportée, c.-à-d. pétrole, gaz, explosifs, matériel dangereux; et
  • Les préoccupations environnementales et la préservation de l’écosystème.
Zones de pilotage obligatoire

La baie de Placentia

La baie de Placentia se situe sur la côte sud-est de Terre-Neuve, soit sur la ligne de partage des péninsules d’Avalon et de Burin. Elle constitue un port naturel exceptionnellement profond dont le point médian se situe à 240 mètres de profondeur. Sa largeur à l’entrée est de plus ou moins 145km et sa longueur est de 125km. Elle est exposée à des vents du sud-ouest et soumise à des courants du sud-ouest. Ses rivages présentent surtout des falaises et des dépôts de gravier à grains grossiers. La baie de Placentia compte 26 communautés incorporées et 30 communautés non constituées en corporation, en plus de 10 établissements plus petits. On trouve parmi ses principaux ports, ceux de Come By Chance, de Whiffen Head, de Long Harbour, d’Argentia et de Marystown.

Les défis de navigation

Les Îles Long et Red divisent le chenal en trois voies d’accès. La voie d’accès Est constitue la principale voie d’accès maritime, offre une circulation dans les deux sens et représente une « voie de circulation recommandée ». L’OMI n’a pas eu à reconnaître cette voie. Par conséquent, elle n’exige pas que les zones d’activités de pêche soient distinctes des couloirs de navigation commerciale. Or, la baie accueille de nombreuses activités de pêche. Il est donc fréquent que des équipements de pêche soient présents dans des « voies de circulation recommandées », ce qui occasionne de l’incertitude en raison de la densité de la circulation, surtout durant les périodes denses de pêche. Parmi les autres défis de navigation, on note les manœuvres des navires de grande taille en conditions limites de vent, la navigation de nuit des navires-citernes et le brouillard qui réduit la visibilité à moins d’un demi-mille nautique et ce, plus de 187 jours par année. Durant les années de glaces abondantes, des quantités considérables de glace et de petits icebergs sont poussées dans la baie par des vents du sud et du sud-ouest.

Le trafic maritime: le plus important port de transbordement énergétique au Canada

L’industrie pétrolière et gazière de forage en mer de Terre-Neuve-et-Labrador est établie dans la baie de Placentia, ce qui en fait le plus important port de transbordement énergétique du Canada. Cette industrie accueille la Newfoundland Transshipment Limited (NTL) et la North Atlantic Oil Refinery (NAR). Les pilotes de la baie de Placentia possèdent les compétences requises pour manœuvrer des navires pétroliers de toutes les tailles. Cela permet aux clients d’adapter la taille de leurs navires aux besoins des acheteurs, des caboteurs pétroliers jusqu’aux transporteurs de brut (très gros transporteurs de brut (VLCC) à ultragros transporteurs de brut (ULCC)) qui acheminent 2 millions de barils de brut et plus. La circulation maritime se compose principalement de navires pétroliers, de transporteurs de marchandises diverses et de petites embarcations de pêche. Marine Atlantic assure la liaison maritime Argentia - North Sydney (N.-É.) jusqu’à trois fois par semaine, de la mi-juin jusque tard en septembre. Voici le lien vers l’échange typique entre capitaine et pilote pour Placentia Bay.

Les champs de compétences particulières des pilotes : manœuvrer les plus gros navires de la flotte mondiale

Les plus gros navires de la flotte mondiale se rendent à la baie de Placentia sous la gouverne de pilotes responsables de la sécurité de la navigation, de la sécurité du personnel et de la protection de l’environnement et ce, en tout temps à longueur d’année. Piloter un navire et l’accoster exigent une très grande précision, beaucoup d’habileté ainsi que des compétences liées au guidage de remorqueurs. Sans compter que les pilotes doivent maintenir une vigilance constante quant aux conditions météorologiques, comme les forts vents qui prévalent à la station d’embarquement des pilotes et les vents extrêmement changeants lors des transits. Enfin, les pilotes de la baie possèdent des compétences en matière de navigation de nuit, de navigation dans les glaces et de navigation en visibilité réduite.

La connaissance du domaine marin s’avère la clé d’une coexistence réussie entre des industries diamétralement opposées présentes dans des voies navigables restreintes. Les pilotes, qui sont recrutés à Terre-Neuve, conservent des liens étroits avec les pêcheurs. Les pilotes apportent à bord leur unité portable de pilotage (PPU) qui contient les données et relèvements hydrographiques les plus récents. Ils ont également recours aux bouées météorologiques côtières SmartAtlantic, situées dans la baie, qui leur permettent de prévoir les conditions météorologiques et océaniques, afin d’établir des fenêtres sécuritaires d’opération qui s’avèrent indispensables aux transits et aux manœuvres des navires. Les pilotes sont membres actifs du Placentia Bay Traffic Committee.

Terre-Neuve-et-Labrador
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St. John’s

On entre dans le Port de St. John’s entre South Head et North Head qui sont à environ 305m (1 000 pi.) de distance. The Narrows, dont la profondeur minimale est de 11,8m (39 pi.) aux feux directionnels, mène au port sur environ 0,5 mille. Le chenal a une largeur de 92m (302 pi.) aux alentours de Chain Rock. Vestal Rock offre une profondeur de 3,7m (12 pi.) et se trouve à 65m au sud-est du promontoire de South Head. Signal Hill s’élève à 152m (499 pi.) à 0,3 mille au nord-nord-ouest de North Head. La tour Cabot, visible de l’océan, domine Signal Hill; c’est depuis cette tour que Marconi a entendu le premier signal radio provenant de l’autre côté de l’Atlantique en 1901.

Les défis de navigation

L’entrée étroite, entre des falaises escarpées qui sont jumelées à un fond accidenté dont les profondeurs varient, restreint fortement la manœuvrabilité des navires dans les approches. Au début du printemps, les vents d’est prévalent et poussent de lourds champs de glace vers la côte, quand ce ne sont pas des icebergs qui dérivent dans The Narrows. Lors des périodes de forts vents soutenus de l’est, du sud-est et du nord-est, on a fait état de houles océaniques qui se sont introduites dans le port de St. John’s, causant des déferlements le long de ses postes d’accostage. On affirme que l’énergie des vagues se serait répercutée dans le port et, selon les dires, se serait avérée particulièrement prononcée le long du côté nord et de l’extrême ouest. Les installations d’accostage se trouvent surtout autour de l’arrière-port.

Le trafic maritime

L’Administration portuaire de St. John’s est établie à St. John’s et accueille également de nombreux terminaux privés dédiés aux navires ravitailleurs, à l’entretien et à la réparation de navires, au ravitaillement et aux lubrifiants maritimes, et à la base de la Garde côtière canadienne. Son port est considéré comme le principal point d’entrée des marchandises conteneurisées et générales de Terre-Neuve ainsi que comme le centre commercial et technique de l’industrie pétrolière et gazière de forage en mer de la province. La circulation des navires se compose de navires ravitailleurs, de vraquiers, de transporteurs de produits pétroliers, comme l’Acadian/East Coast (longueur 183m x largeur 27,4m, 23 519 tonneaux de jauge brute, 37 515 tonnes de port en lourd) et de navires de forage. Le Connaigra d’Oceanex est un navire roulier d’une capacité de 1 300 EVP et est le plus gros navire-porte-conteneurs (longueur 210m x largeur 29,6m, 26 786 tonneaux de jauge brute, 19 460 tonnes de port en lourd) qui visite régulièrement le port de St. John’s. La ville est également une destination importante pour les navires de croisière. Voici le lien vers l’échange typique entre capitaine et pilote pour St. John’s.

Les domaines particuliers de compétences des pilotes

Les pilotes sont responsables de la sécurité de la navigation, de la sécurité du personnel et de la protection de l’environnement en tout temps à longueur d’année et ce, dans une voie navigable restreinte et fréquentée. Piloter et accoster requièrent une grande précision et des compétences aguerries, tout en maintenant une vigilance constante sur l’activité maritime. Les pilotes sont des experts qui savent comment se comporteront divers navires dans différentes conditions météorologiques et océaniques, et qui gouvernent leurs navires à quai avec plus ou moins d’aide des remorqueurs. Les pilotes de St. John’s sont hautement qualifiés en matière de navigation de nuit, de navigation dans les glaces et de navigation en visibilité réduite.

Les pilotes apportent à bord leur unité portable de pilotage (PPU) qui contient les données et relèvements hydrographiques les plus récents. Ils ont également recours aux bouées météorologiques côtières SmartAtlantic qui leur permettent de prévoir les conditions météorologiques et océaniques, afin d’établir des fenêtres sécuritaires d’opération qui s’avèrent indispensables aux transits. Les pilotes soutiennent activement les possibilités de développement économique de leur région, grâce à leur formation et à leurs exercices de simulation, c.-à-d. en élaborant des paramètres d’exploitation sécuritaire destinés aux gros navires de croisière.

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